Toutes les actualités

STU Flash, 1er mars 2019

Politique de mobilité - Un départ sur de mauvaises bases

STU/68e Conseil/19/004
1er mars 2019

 

Chers collègues,

Le STU considérait la nouvelle politique de mobilité comme une occasion d'offrir au personnel de l'UNESCO de nouvelles perspectives professionnelles, tout en répondant aux besoins opérationnels de l'Organisation. Le STU pensait en outre que cette nouvelle politique était l'occasion de mettre en place la planification et le développement de carrière attendus depuis longtemps au sein de l'Organisation, ainsi que d'allier mobilité et évolution de carrière pour les membres du personnel qui stagnaient au même grade. La nouvelle transformation stratégique de l'UNESCO présente également l'exercice de mobilité comme un possible moyen d’améliorer l'efficacité au sein de l'Organisation.

Malheureusement, la nouvelle politique de mobilité part sur de mauvaises bases, comme semblent le confirmer les courriers envoyés par HRM le 25 février. Ces courriers informent nos collègues qui ont atteint le terme de leur durée normale d'affectation (DNA) que leur poste est affiché dans le cadre du prochain cycle de mobilité. Il semblerait que ce processus ait été engagé à la hâte afin de respecter les échéances internes de HRM et d'atteindre les objectifs professionnels de son personnel, en l’absence de toute procédure claire et transparente. En outre, certains membres du personnel hors Siège (ISU) n'ont pas accès à UNESCOMMUNAUTÉ, où l’on peut consulter les informations sur la mobilité, notamment la FAQ.

HRM a vraisemblablement sous-estimé les conséquences d'une telle annonce, qui a provoqué une profonde anxiété et une grande incertitude chez nombre de nos collègues. Les membres du personnel ne comprennent pas sur quels critères objectifs se fondent les décisions prises concernant les postes. Les raisons pour lesquelles certains postes sont soumis à la mobilité, et d'autres pas, manquent de transparence. Sans transparence, les choix paraissent arbitraires.

Les syndicats du personnel ont bel et bien été consultés sur le projet de politique de mobilité et ont salué cette initiative. La mobilité peut présenter des avantages pour une organisation et devrait même devenir un droit pour les membres du personnel, notamment pour ceux qui ont accepté de travailler dans des lieux d'affectation difficiles. Toutefois, le STU a fait un certain nombre d’observations sur le processus et la mise en application, mais aucune d'entre elles n'a été prise en compte.

De plus, il n'a jamais été dit explicitement que l'administration sélectionnerait des postes occupés pour l'exercice de mobilité, ni qu'elle avertirait les titulaires qu'un appel à candidature pour leur poste serait diffusé ! En outre, la classification des postes soumis ou non à la mobilité semble arbitraire et confuse, au vu de la liste des postes non concernés diffusée le 20 février 2019.

HRM a opté pour un exercice de mobilité fondé sur des objectifs flous, une sélection contestable des postes et des candidats, ainsi que des procédures complexes qui, pendant longtemps, feront planer l'anxiété, l'incertitude et la perte de motivation, sans pour autant offrir des incitations ou des perspectives de développement de carrière. En compromettant la stabilité de l'emploi, ces décisions auront des répercussions sur la concentration du personnel, sa motivation et, à terme, sur les performances globales et l'exécution des programmes sur le terrain. La mobilité imposée pourrait en fin de compte nuire à l'efficacité et l'efficience de l'UNESCO dans nos États membres !

Que va gagner l'UNESCO en imposant une mobilité non désirée à des membres du personnel démotivés ? Ne serait-il pas plus efficace d'offrir d’intéressantes incitations à la mobilité à des personnes motivées qui souhaitent bouger ?

Le STU demande instamment à l'Administration de réexaminer les observations formulées au sujet de la politique de mobilité, en particulier la définition d'un critère clair qui pourrait être employé systématiquement et en toute transparence lors des exercices d’examen. En outre, d'autres mesures d'incitation devraient être mises en place de toute urgence, notamment pour les membres du personnel ayant atteint le dernier échelon de leur grade. Cela dit, il faudrait avant tout prendre en compte le nombre limité de mouvements qui pourraient réellement être financés par exercice biennal (l’UNESCO n'est pas le PNUD !). Il faudrait rapidement définir et mettre en place une procédure simple, positive et transparente.

L'ORGANISATION AURAIT DU TIRER LES LEÇONS DU DERNIER EXERCICE DE REDÉPLOIEMENT. NE COMMETTONS PAS LES MÊMES ERREURS !

Cordialement,

Le Conseil du STU.