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STU Flash, 10 avril 2019

Intervention orale du STU, 206e session du Conseil exécutif

STU/68e Conseil/19/009
10 avril 2019

 

206e session du Conseil exécutif de l'UNESCO

INTERVENTION ORALE DU SYNDICAT DU PERSONNEL DE L’UNESCO (STU)

 

Merci Madame la Présidente, Excellences, Mesdames et Messieurs.

Une fois de plus, le STU regrette que ses commentaires aux documents qui lui sont soumis soient le plus souvent ignorés, sans qu’aucune justification ne soit donnée à un tel mépris. La politique révisée de mobilité en est le dernier exemple. L’UNESCO est une agence hautement spécialisée, et la seule agence des Nations Unies dont le mandat concerne l’éducation, la science et la culture : une attention toute particulière devra donc être portée à la prise en compte de l’expertise et de l’expérience professionnelle dans la réaffectation des collègues, en vue de la bonne mise en œuvre des programmes. La dimension du genre devra également être prise en compte : à ce jour, si les hommes sont en général accompagnés de leur famille sur les lieux d’affectation qui le permettent, les femmes partent le plus souvent seules. Cette situation est discriminatoire

Le STU avait demandé qu’une liste de critères précis et clairs soit fournie et suivie par HRM, pour s’assurer un exercice transparent et rigoureux, et que soient mises en place des incitations liées au développement de carrière. Rien de tout cela n’a été retenu. Sans transparence, les choix paraissent arbitraires. La définition des critères au fur et à mesure du processus, tel que nous l’a décrit HRM lors d’une réunion sur le sujet, n’est pas une démarche sérieuse.

De plus, le STU a appris que la mise en œuvre de la politique de mobilité aux Nations Unies a été gelée par le Secrétaire général, pour procéder à son évaluation. Alors que HRM prétend s’être inspiré des systèmes en place dans les différentes agences des Nations Unies, pourquoi l’UNESCO servirait-elle de laboratoire d’expériences avant que les résultats de cette évaluation soient connus ?

Par ailleurs, le STU s’inquiète de la grandissante précarité au sein de notre Organisation. Les collègues non-membres du personnel, sous contrat de service, consultants, temporaires ou stagiaires, constituent aujourd’hui plus de la moitié de la force de travail de l’Organisation et remplissent bien souvent des tâches fondamentales, palliant le manque de personnel et créant ainsi un esclavage moderne. Cela est illégal et indigne d’une Organisation internationale, où le droit à un travail décent devrait être la base de la gestion des ressources humaines. Il en résulte une grande perte de savoir de la part de l’Organisation alors que la mémoire institutionnelle est indispensable pour établir des bases solides. Le STU regrette que HRM n’ait pas saisi l’occasion de la récente révision de la politique de recrutement, effectuée une fois de plus sans prise en compte de ses commentaires, pour trouver un mécanisme permettant d’améliorer la situation de nos collègues précaires de longue durée, en considérant par exemple les collègues sous contrat Project Appointment (PA) comme des candidats internes.

D’une façon générale, le STU s’inquiète, alors que le processus de transformation stratégique passe en phase active, de l’adoption de politiques de ressources humaines qui ne respectent pas les compétences spécialisées du personnel de l’UNESCO et ne sont pas propices à une gestion et une planification appropriées des carrières.

Enfin, le STU regrette que les alertes qu’il lance soient très peu ou pas entendues, ce qui a amené à de nombreuses condamnations de l’UNESCO par le Tribunal administratif de l’Organisation internationale du Travail (TAOIT). En attendant la révision des statuts du Conseil d’appel, dont le STU espère la mise en place d’une justice enfin équitable, il est grand temps que l’Administration fasse enfin confiance aux associations du personnel. De par leur expérience et mémoire institutionnelle, elles constituent un partenaire dont l’Administration a besoin. En cinq ans, nous avons connu six Directeurs des ressources humaines. Nous espérons que le prochain ou la prochaine prendra le temps de connaître et d’aimer notre Maison. Elle le mérite.

Je vous remercie de votre attention.